Espace de Silence Partagé Ouvert Inter Religieux

Reprise le 3 septembre 21

Calligarphie Benoît Bourguignon
Deiryū (1895-1954) (photo B.Bourguignon)

Bonhomme de neige Daruma ZenTrad. de l’inscription : « La forme est le vide (de l’Ego), le vide (de l’Ego) est la forme »

Espoir du 24/09/2021

L’amour n’est pas un sentiment.
C’est la substance même de la création.
Christiane Singer

Résumé de la proposition

L’espace de silence partagé ESPOIR est ouvert à toute personne.

Il est une invitation à nous retrouver, par-delà les distances, quelle que soit notre religion ou notre conviction, pour écouter ensemble, entrer dans le silence qui nous ouvre à l’invisible et à l’inouï, approcher l’essentiel dans la profondeur, la diversité et la fraternité humaine.
Cet espace permet aussi à des membres d’Assise* de partager leur chemin vers le silence intérieur chaque semaine, malgré les distances.


Horaires (à partir du 3 septembre 2021)

Vendredi de 7h30 à 8h
Vendredi de 12h à 12h30
Vendredi de 18h à 18h30

Lien pour accès

https://us02web.zoom.us/j/88528125407?pwd=RGNhY3BNMk9PMVBxRHRkUHdIbXMvQT09
ID de réunion : 885 2812 5407
Code : 460742

Veilleur : Benoît BOURGUIGNON

Nous relier aux sources de l’être, ensemble, depuis là où nous sommes

Aujourd’hui comme hier, au nom d’une appartenance religieuse ou de religions différentes, souvent instrumentalisées, sont commises des atrocités. C’est affligeant et, dans notre monde interconnecté, nous assistons impuissants à des situations qui nous dépassent. Pourtant, la religion devrait relier, pas seulement dans la verticale, au niveau spirituel, mais aussi dans l’horizontale, au niveau des frères humains que nous sommes, différents et de passage, sur cette terre bien-aimée et malmenée. 

La communion dans la diversité, nous en avons l’expérience au centre Assise*. Du choc entre cette heureuse pratique et l’insoutenable du malheur fait aux religions dans le monde est né le projet ESPOIR, acronyme d’un désir profond qui s’est concrétisé dans un projet à petite mesure: vivre notre soif essentielle commune dans et par l’expérience. 

Le silence est chemin de rencontre qui relie par delà les différences de culture, de conception et de croyance. Pas pour les réunir ni gommer leurs spécificités – ce qui les écarte est au contraire riche d’ouverture, de relativité et de questionnement – mais pour vivre l’expérience d’écoute qui existe au cœur de chacune d’elles. 

Eizan Rōshi parle du christianisme comme religion de l’amour et du zen comme religion du silence. La voie du zazen bouddhiste peut nous aider à calmer notre moulin à pensées et notre moulin à paroles : il s’agit d’être là, pleinement là, ici et maintenant. Une posture du corps ouverte, immobile, et le souffle comme guide et main courante vers le silence. 

La proposition ESPOIR s’en inspire. Elle témoigne.

E.S.P.O.I.R.
Espace de Silence Partagé Ouvert Inter Religieux

Pour qui ?

Cet espace s’adresse à toute personne qui cherche le silence intérieur pour se mettre à son écoute, qui se sent habitée par plus grand qu’elle-même – quelle que soit sa religion ou sa conception de ce plus grand qui l’habite (nous insistons !) – qui ressent le besoin ou le soutien de partager avec d’autres ce mouvement intérieur vers l’essentiel.

Quoi et quand ?

Les vendredis de 7h30 à 8h | de 12h à 12h30 | de 18h à 18h30

Le lien pour rejoindre l’espace zoom (accès libre) :
https://us02web.zoom.us/j/88528125407?pwd=RGNhY3BNMk9PMVBxRHRkUHdIbXMvQT09
ID de réunion : 885 2812 5407 Code : 460742

La connexion est possible cinq minutes avant l’heure annoncée.
Il est aussi possible d’arriver et de partir en cours de route (les micros sont coupés pendant la ½ heure).
Interruption durant l’été (juillet et août) – Reprise le premier vendredi de septembre

La demi-heure de silence commence par une courte citation ou un poème qui est transcrit chaque semaine au début de cet article. Une clochette marque ensuite le début puis la fin de la demi-heure.

Par la suite, on peut déposer sur le site, anonymes ou non, quelques mots écrits en témoignage. Accès aux témoignages en cliquant ici

Ce temps de silence sera ce qu’il est pour vous, une simple présence dans la profondeur ou une méditation, zazen ou autre, ou une prière chrétienne ou une prière
silencieuse dans le cadre d’une autre religion.

Comment ?

Le corps est habité, traversé, par l’essentiel. Une posture ouverte et immobile nous aide à le rejoindre. La voie du zazen, fruit d’une expérience millénaire, est riche d’enseignement à ce niveau mais, dans le cadre ESPOIR, elle n’est pas une condition.

Soyez donc :

  • dans une posture ouverte et respirante qui vous convient (assis sur une chaise, à genoux, avec un petit banc, en demi-lotus, en lotus ou couché)
  • essayant autant que possible de rester immobile, attentif au souffle qui vous anime, le laissant s’approfondir vers le bas revenant posément sans cesse à l’écoute du silence
  •  revenant posément sans cesse à l’écoute du silence

L’expérience partagée dans la rencontre du silence nous conduit à l’intime de nous-mêmes, à l’élan qui nous anime et à l’essentiel qui nous relie par-delà nos différences.

Elle est unique pour chacun et chacune, au plus près de la source et des différentes voies qui l’approchent.

calligraphie

Assise ?

Assise est un lieu de cheminement de personnes en recherche de leur nature profonde.
Cette quête engage le corps, l’âme et l’esprit unis dans le désir de rencontre de l’être profond. Elle se vit à la fois dans son for intérieur et dans le lien avec l’autre, les autres.
Assise est composée de personnes qui sont éloignées, géographiquement mais aussi dans leurs croyances, leurs façons de concevoir ce « plus grand que soi » dont elles ressentent la présence en elles, autour d’elles et dans le monde, croyants, athées, agnostiques. Ces écarts ne sont pas à réduire mais à vivre, dans l’accueil, le regard ouvert sur l’autre et le monde.
Nous proposons ici de partager à distance un espace de silence où nous relier aux sources de l’être,
ensemble, là où nous sommes.


Les citations des semaines précédentes

Espoir du 17/09/2021

Consens enfin à être
l’humus sans fond,
pour retourner la vie
de fond en comble
François Cheng
ESPOIR du 10/09/2021

Ce à quoi nous sommes attachés
nous attache ;
ce que nous possédons
nous possède
Jean-Yves Leloup
E.S.P.O.I.R du 3/09/21


L’attente est un enchantement :
j’ai reçu l’ordre de ne pas bouger.
Roland Barthes
E.S.P.O.I.R du 09/07/21

Quelques mots pour introduire ce dernier silence partagé avant début septembre:
Sois là où tu es
Ça aussi ça passera
Benoît
E.S.P.O.I.R du 02/07/21

Nous sommes arrivés
Thich Nhat Hanh
E.S.P.O.I.R du 25/06/21

Le vrai toujours
est ce qui tremble
entre frayeur et appel,
entre regard et silence.
François Cheng
E.S.P.O.I.R du 18/06/21

Tu te sens être un pôle,
Mais de quoi ?
De ce qui t’entoure ?
Ce n’est pas sûr,
Plutôt de ce qui t’a fait naître,
Qui vibre dans l’air, invisible,
Qui ne te quitte pas,
Qui te survivra.
Guillevic ( Maintenant, p72)
E.S.P.O.I.R du 11/06/21

Qu’il est doux parfois d’être de ton avis,
frère aîné, ô mon corps,
qu’il est doux d’être fort
de ta force …
toi, si près de l’esprit
Rilke
E.S.P.O.I.R du 04/06/21

A tout ce qui m’entoure
je donne mon silence
et le temps
est suspendu
Guillevic (Miantenant)
E.S.P.O.I.R du 28/05/21

Quand l’oeil nouveau s’ouvre
dans l’obscurité du vide sans objet,
l’Etre apparaît au travers de ce qui est vu.
K.G. Dürckheim
E.S.P.O.I.R du 21/05/21

Être
Où et quoi ?
N’importe où.
Mais pas rien qu’en soi.
Être dans le monde
Fragments, éléments du monde
Guillevic
E.S.P.O.I.R du 14/05/21

Vivre est à chercher
sous les herbes du simple
hors de la complication
hors de l’encombrement
dans la nudité première
de qui sait rester
chaque matin
dans l’éblouissement
de naître
Francine Carillo (Le plus que Vivant p.88)
E.S.P.O.I.R du 07/05/21

Sera comblé
Celui pour qui l’espace
Ne sera pas dehors.
Ecoute en toi le merle
Comme il t’habite.
Regarde-toi par lui
T’étendre sur la plaine
Guillevic
E.S.P.O.I.R du 30/04/21

Consens à la brisure, c’est là
Que germera ton trop plein
De crève-coeur, que passera,
Un jour, hors de l’attente, la brise
François Cheng
E.S.P.O.I.R du 23/04/21

Il nous connaît assez pour savoir où nous trouver
dans ces hauteurs où nous croyons le rencontrer
là où la vue est imprenable et les privilèges impartageables
C’est là que son regard nous cueille
pour nous redéposer en notre lieu
qui n’est pas le ciel mais la terre sous le ciel
Sa parole ne dit qu’une chose
Il faut descendre
encore et encore
regarder à ce qui est petit
et va sans bruit
François Cheng
E.S.P.O.I.R du 16/04/21

« Le mystique substitue à la racine l’invisible au visible, nous deviendrons cet inconnu que seul le Créateur connaît. Son oeil remplace le nôtre. Le rien, en tout, devient saveur et joie en nous.
Il faut accepter un absolu où l’on meurt. »
Maurice Chappaz (« La pipe qui prie & fume » p. 193) Transmis par André S. Merci
E.S.P.O.I.R du 09/04/21

“Il n’y a pas d’existence qu’il s’agirait de dépasser, un quotidien qu’il faudrait à tout prix surmonter.
Tout au contraire, c’est de tout son corps qu’il faut y entrer, de tout son Eros. Toute démarche spirituelle est avant tout un bain de matière. Matière et prière sont Un.”
Christiane Singer
E.S.P.O.I.R du 02/04/21

Prière silencieuse, midi l’heure symbolique
Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
Midi : le soleil est au Zenith, l’évènement qui va avoir lieu n’a pas d’ombre, la révélation est totale
Ecoutons, celui qui a soif et qui demande à boire
Ecoutons notre propre soif
Ecoutons la source qui murmure
Paulraj, depuis la session de Pâques vécue à Assise
E.S.P.O.I.R du 23/03/21

Prière silencieuse, midi l’heure symbolique
Il arrive donc à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau. Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. »
Midi : le soleil est au Zenith, l’évènement qui va avoir lieu n’a pas d’ombre, la révélation est totale
Ecoutons, celui qui a soif et qui demande à boire
Ecoutons notre propre soif
Ecoutons la source qui murmure
Benoît
E.S.P.O.I.R du 05/03/21

Posons-nous, là où nous sommes,
tel que nous sommes aujourd’hui
et laissons là nos préoccupations
notre mental, nos conceptions.
Le silence vient à notre rencontre,
laissons-le nous approcher, nous apprivoiser.
Chacun, chacune, à notre rythme
laissons-nous descendre,
de la tête vers le ventre, le centre.
Notre centre est irrigué
par la source du souffle ;
accueillons-le.
Il s’agit de lâcher plutôt que de tenir
de sentir plutôt que de penser
d’écouter le silence plutôt que d’en rechercher le sens.
Notre élan c’est de nous abandonner,
de vivre ce mystère
d’être habité par plus grand que nous,
et de le vivre ensemble, là où nous sommes.
Le silence vient à notre rencontre,
laissons-le nous approcher, nous apprivoiser.
Benoît
E.S.P.O.I.R du 26/02/21

Posons-nous, là où nous sommes,
tel que nous sommes aujourd’hui
et laissons là nos préoccupations
notre mental, nos conceptions.
Le silence vient à notre rencontre,
laissons-le nous approcher, nous apprivoiser.
Chacun, chacune, à notre rythme
laissons-nous descendre,
de la tête vers le ventre, le centre.
Notre centre est irrigué
par la source du souffle ;
accueillons-le.
Il s’agit de lâcher plutôt que de tenir
de sentir plutôt que de penser
d’écouter le silence plutôt que d’en rechercher le sens.
Notre élan c’est de nous abandonner,
de vivre ce mystère
d’être habité par plus grand que nous,
et de le vivre ensemble, là où nous sommes.
Le silence vient à notre rencontre,
laissons-le nous approcher, nous apprivoiser.
Benoît
E.S.P.O.I.R du 19/02/21

Entre sa mère et lui
il donne d’emblée le ton
ce fils imprévisible
Il ose le non
et se délie sans façon
des liens de la chair
quand ils entravent
la poussée de la vie
Là où la femme
suggère la prévenance
lui installe la distance
C’est qu’il écoute plus profond
et attend de l’Ailleurs
le signal de la bonne heure
ce bonheur de faire
ce qui est à faire
à l’heure de la moisson
à l’exact moment
où l’épi s’incline
d’offrir le grain qui l’alourdit
Il interroge ainsi nos empressements
à vouloir bien faire
à combler le manque dès qu’il s’annonce
à donner des réponses qui ignorent leur question
A toujours occuper
la place des autres
nous les privons de l’habiter
L’invitation est assurément
de leur donner du champ
de préférer en tout
la déprise à l’emprise
Il suffit parfois
de laisser respirer
le silence
qui fait la différence
pour sauver l’heure où chacun
offrira de soi le meilleur
Jacques nous a quitté voici juste 4 ans.
Pour introduire notre espace de silence partagé de ce vendredi 19 février, un texte de Francine Carillo autour de cette question posée par Jésus à sa mère qui l’interpelle parce qu’ils n’ont plus de vin :
“Qu’est-ce de moi à toi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue” (Jean 2,4)
E.S.P.O.I.R du 12/02/21

Quelques mots pour introduire nos espaces de silence partagé de demain 12 février.
Dürckheim disait: “ce que vous cherchez vous cherche”

Ouvrons les narines au souffle qui nous pénètre
laissons-le rejoindre nos cellules les plus lointaines
laissons-le nous régénérer dans la profondeur
Soyons là où nous sommes
sans nous cacher
laissons-nous trouver
Ouvrons les mains le corps
l’être vivant que nous sommes
accueillons l’Etre qui nous cherche
Benoît
E.S.P.O.I.R du 05/02/21

Ensemble, là où nous sommes
laissons-nous entrer dans le silence
le silence du corps qui descend dans la terre où se plante son élan vers le ciel
le silence de l’esprit où le carrousel des pensées ralentit et se calme
le silence de l’âme qui s’ouvre à l’Être qui l’anime et l’habite
peu à peu dans ce silence nous nous ouvrons à la présence de l’inouï
Benoît
E.S.P.O.I.R. du 29/01/21

Dans “Le Plus-que-vivant”, Francine Carillo esquisse sa résonance à l’essentiel en partant de questions de Jésus :
“Et vous, qui dites-vous que je suis ?” Marc 8, 29
Dieu merci il y a cette question
pour toujours attachée à nos pas
interdisant le bavardage et la dérobade
Dieu merci il y a cette brûlure au coeur
qui défait la tranquillité
et nourrit l’inventivité
Répondre friserait la présomption
l’ignorer serait perdition
Il vaut mieux
laisser respirer le silence
affiner son oreille
jusqu’à se reconnaître
habité
Il suffit parfois de peu
d’une étincelle dans les yeux
d’un matin lumineux
pour effleurer la terre du “Je suis”
hors de qui nous ne sommes
qu’un brouillon de nous-mêmes
Benoît
E.S.P.O.I.R. du 22/01/21

Voici quelques mots pour introduire notre espace partagé du vendredi 22 janvier. Je vous invite à me transmettre sur l’adresse mail d’Assise ces petits textes ou poèmes qui vous parlent et vous portent, que je pourrais reprendre pour introduire nos espaces partagés.
Benoît
La patiente immobilité
dépoussière le souffle qui m’anime
le souffle qui nous anime
Bientôt ce n’est plus moi qui respire
c’est lui qui me respire
Et voici que nos peurs s’apaisent
qu’elles se taisent enfin
Benoît
E.S.P.O.I.R. du 15/01/21

/…/ la vérité est une traversée
une passée à travers
les objections
vers un horizon
qui n’avoue jamais
son nom
Seuls ceux
qui en portent
le noble souci
en connaissent
le prix
Ils vont
tenant serré
leur bol
de clarté
se blessant
aux cailloux
de la fausseté
Ils sont infiniment
exposés
jamais
reposés
mais de leur rude
avancée
ils recueillent
la certitude
que demeurer
dans la question
est l’autre nom
de leur vocation
l’unique façon
d’honorer
leur être
profond
Francine Carillo | ‘Le Plus-que-vivant’